‹ ​​Tous les articles

Le choix d'une manufacture


On imagine souvent qu'une manufacture de cigares se choisit comme on sélectionne un fournisseur.

Je crois que c'est exactement l'inverse. Les fournisseurs, on peut en changer. Les partenaires, beaucoup moins.

Lorsque Natalia et moi décidons de créer Monte-Carlo Club®, nous savons déjà où regarder.

L'Amérique latine nous est familière.

Natalia y a grandi.

J'y ai travaillé pendant de nombreuses années.

Nous y avons surtout noué des amitiés.

Et, dans cette partie du monde, les relations comptent souvent davantage que les cartes de visite.

Très vite, un nom revient dans toutes les conversations.

Victor Calvo.

Notre première rencontre est agréable.

La deuxième est plus intéressante.

La troisième suffit à nous convaincre.

Nous parlons évidemment de tabac.

Mais, curieusement, ce n'est pas ce dont je me souviens le mieux.

Je me souviens de sa manière de parler de son métier.

Victor est ingénieur de formation.

Cela pourrait faire sourire dans une manufacture où tout ou presque est réalisé à la main.

En réalité, c'est exactement ce qui fait sa force.

Il aime les processus.

L'organisation.

La précision.

Le détail.

Mais il n'a jamais oublié que l'on fabrique ici des cigares.

Pas des pièces automobiles.

Je lui demande un jour pourquoi il ne mécanise pas davantage certaines étapes.

Sa réponse est immédiate.

Parce qu'un grand cigare reste une affaire de mains.

Cette phrase résume probablement tout.

Lorsque nous visitons la manufacture pour la première fois, je m'attends à être saisi par l'odeur du tabac, raté...

Ce qui attire immédiatement mon regard, c'est l'ordre.

  • Les ateliers sont impeccables.
  • Les feuilles parfaitement rangées.
  • Les gestes précis.
  • Le silence aussi.

Je suis issu d'une famille d'industriels.

Peut-être est-ce une déformation professionnelle.

J'ai toujours pensé qu'une usine raconte beaucoup de ceux qui la dirigent.

Avant même de regarder ce qu'elle produit.

En discutant avec les équipes, une autre chose me frappe.

Personne ne cherche à vendre quoi que ce soit.

Chacun parle simplement de son métier.

Avec fierté.

Sans emphase.

Comme si la qualité allait de soi.

Je sais pourtant qu'elle ne va jamais de soi.

Dans une manufacture, certaines feuilles attendent plusieurs années avant d'être prêtes.

Un problème de fermentation.

Un mauvais stockage.

Un incendie.

Et ce sont parfois des années de travail qui disparaissent.

Cette exigence n'a donc rien d'un caprice.

Elle est une nécessité.

Au fond, nous étions venus visiter une manufacture.

Nous sommes repartis avec un partenaire.

La nuance est importante.

Mais nous étions encore loin d'imaginer qu'avant d'arriver dans cette manufacture, une simple feuille de tabac avait déjà vécu plusieurs années d'histoire.

C'est là que commence notre prochain voyage.

Par Maxime Navarre Fondateur de Monte-Carlo Club®



Dans le prochain numéro…

On parle souvent d'une feuille de tabac comme s'il s'agissait d'une simple matière première.

La réalité est tout autre.

Certaines attendent plusieurs années avant de rejoindre un cigare.

Nous irons à leur rencontre.